2013 - Motion IASEF

Motion du Conseil d'Administration de IASEF - Septembre 2013

Le site du dit « lac des ciments » sur les communes de Beaumont-sur-Oise, Mours et Nointel, d’une surface de 25 hectares, possède un plan d’eau de 13 hectares, le plus profond d’Ile-de-France, entouré par une couronne arborée et des prairies calcaires sur 12 hectares.

Le « lac » est en communication directe avec la nappe souterraine comme une étude essentielle réalisée par le BRGM en 2009 l’a confirmé. Celle-ci souligne la fragilité du lac et de la nappe en communication directe et très rapide via le milieu calcaire fissuré. Cette fragilité concerne les villes riveraines de l’Oise qui captent leur eau potable dans la nappe alluviale en amont ou en aval.

Ce site possède une biodiversité de proximité intéressante, avec des espèces protégées ou patrimoniales comme l’ont démontré les études de milieu réalisées par les Amis de la Terre du Val d’Ysieux en 2008 et par la société Biotope en 2012 pour le Conseil Régional.

Dans une vallée qui subit une grosse pression d’aménagement, il constitue à ce titre un maillon essentiel du bio-corridor entre l’Oise et la forêt de Carnelle, prolongé  par la ZNIEFF des « Fortes Terres » et des « Epinettes » sises sur Nointel.

Malgré les interdictions d’accès à ces lieux  privés, les clôtures sont détruites chaque année et le site, très accessible à partir de la gare de Nointel, est fréquenté par des centaines de personnes qui pique-niquent ou se livrent à des activités nautiques ou même de baignade. Le statu quo actuel ne permet pas, malgré les interdits, d’éviter la fréquentation des lieux qui entraine malheureusement des accidents mortels par l’imprudence.

Au vu de ces considérations, le Conseil d’Administration d’IASEF réuni le mercredi 5 septembre 2013 à L’Isle-Adam considère que:

  • Indépendamment des procédures judiciaires en cours, le remblaiement du lac par des déchets, même  dits inertes, ne serait pas sans conséquences sur la nappe phréatique et l’environnement. Ce projet doit être définitivement écarté.
  • Le tonnage de matériaux de comblement est estimé à près de 5 millions de tonnes. Même si une partie des déchets était transportée par voie fluviale, il resterait des transports par poids lourds générant des nuisances insupportables de bruit, de poussières, de pollution, ainsi que d’insécurité routière.
  • La biodiversité de ce site et ses habitats méritent d’être préservés et valorisés.
  • La fréquentation illégale révèle un besoin social fort d’activités de loisirs abordables.
  • Dans ce contexte, un plan d’action de réaménagement et de valorisation environnementale et économique du site est souhaitable sans attendre les décisions judiciaires en appel.
  • Un engagement des collectivités territoriales concernées est indispensable. Il est de leur responsabilité d’acquérir ce site, de le sécuriser et de l’aménager dans un souci de protection de l’eau, des sols, des espèces patrimoniales et de leurs habitats. Seule cette acquisition pour le bien public permettra sa valorisation environnementale et l’ouverture à des activités « douces » de loisirs pour la population francilienne (plongée, voile, sentiers pédagogiques,…).
  • Depuis l’évolution positive de la réglementation prescrivant des obligations de réhabilitation de carrières aux industriels extracteurs de matériaux, la concertation entre les pouvoirs publics, les collectivités locales et les associations ont conduit à des valorisations environnementales et pédagogiques exemplaires de sites d’extraction de matériaux. Les Industries de Granulats ont d’ailleurs édité un guide pratique d’aménagement écologique des carrières en eau. Ce guide met l’accent sur les carrières de matériaux alluvionnaires situées dans le lit majeur des rivières, mais traite également des carrières de roches massives concassées (schistes, calcaires durs…) qui offrent parfois l’opportunité de créer de nouvelles zones humides d’intérêt écologique.
  • La réunion du comité de pilotage constitué à l’occasion de l’étude de milieu commandée par le Conseil Régional permettrait une première concertation sur les suites à donner. IASEF, membre de ce comité de pilotage, en demande la réunion.