Présentation de la forêt domaniale de Montmorency

La forêt de Montmorency est un massif forestier de 2 200 hectares dont 1 969,57 hectares de forêt domaniale. Elle est le plus grand des trois massifs forestiers domaniaux du Val d’Oise.

L’histoire l’a façonné d’une telle façon qu’elle présente aujourd’hui des caractéristiques uniques : par son peuplement, très majoritairement de châtaigniers, ses vallons et ses petits chemins sinueux très différents des vastes allées rectilignes des anciennes forêts royales, elle ne ressemble à aucune autre forêt d’Ile de France.

Très proche de Paris (20 km seulement sépare le cœur de la forêt du parvis de Notre-Dame de Paris), avec des lisières très urbanisées et une des plus fortes fréquentations de promeneurs, c’est aussi le type même de la forêt périurbaine, où les fonctions sociales prévalent.

Le peuplement forestier

Les essences présentent en forêt domaniale de Montmorency se répartissent comme suit :

  • Châtaignier : 70 %
  • Chêne : 11%
  • Feuillus précieux : 6%
  • Hêtre : 2%
  • Résineux : 1%
  • Bouleaux et autres divers : 5%
  • Vides (boisables et non boisables) : 3%

Le dernier aménagement, dont le diagnostic n’a jamais été contesté, décrit le peuplement de la façon suivante : "64% (en surface) des peuplements dérivent de taillis de châtaigniers. Ces peuplements sont probablement les restes d’anciens taillis sous futaie dont les réserves de chêne ont été pillées dans la première moitié du XXe siècle puis au moment de l’acquisition de la forêt(…) Ces peuplements issus de taillis se répartissent en 3 sous-types, correspondants à des traitements récents différents :

  • Une partie a été balivée et constitue une futaie sur souche (…)
  • Une partie a fait l’objet d’un recépage qui a donné un taillis simple (le taillis a bien rejeté) ou un taillis ruiné (le taillis n’a pas pu rejeter convenablement, il reste un peuplement étriqué et dépérissant)
  • La dernière fraction n’a pas reçu d’interventions depuis plus de 20 ans ; il s’agit de taillis particulièrement dense, où les brins conservent des diamètres relativement faibles et dont on peut prédire qu’ils ne réagiront pas favorablement à une éclaircie ou un balivage.

L’homogénéité de ces peuplements, tant du point de vue de la composition que de la classe d’âge, est à souligner. On pourrait en schématisant à peine considérer que les deux tiers de la forêt sont occupés par un même type de peuplement (même essence, même structure, même classe d’âge)."

Faune et flore

Flore

Des études conduites entre 1992 et 2008 ont montré la présence de 421 espèces, ce qui montre une certaine richesse, attribuable à la diversité des milieux présents dans le massif. Celui-ci est situé sur une butte témoin du Quaternaire dont la particularité est de présenter une succession de substrats géologiques affleurants. Cette caractéristique entraîne une diversité de stations forestières, avec un panel allant de zones humides à des boisements oligotrophes acides.
Quelques milieux connexes sont aussi présents : on retrouve par exemple des espèces prairiales, des espèces caractéristiques des mares, des prairies et ourlets calcicoles, ainsi que des espèces des landes.

Cette diversité a entrainé le classement de la totalité de la forêt en ZNIEFF de de type 2 (« grands ensembles naturels riches et peu modifiés offrant des potentialités biologiques importantes »), et de 5 zones en ZNIEFF de types 1 (« secteur de grand intérêt biologique ou écologique) :
- ZNIEFF du vallon de la Chasse (n°110120025) ;
- ZNIEFF de la vallée du Bois Corbon (n°110120026) ;
- ZNIEFF du vallon de Montubois – tourbière de la Cailleuse (n°110120027) ;
- ZNIEFF du rû de l’étang de Chauvry (110120028) ;
- ZNIEFF de la prairie de la Platrière (n°110120064).

La bryoflore (mousses et lychens)

Osmonde royale en forêt de Montmorency

La bryoflore est surtout connue par des études portant sur les tourbières de la Cailleuse et du Nid d'Aigle. Avec 119 espèces recensées (il y en a sans doute davantage : certaines espèces ont des cycles végétatifs très courts, ce qui les rend difficile à recenser), la forêt de Montmorency est d'une richesse certaine en mousses et lichen.

On note en particulier la présence, en plusieurs endroit, de l'osmonde royale.

Les champignons

IASEF a réalisé en 4 ans plus de 20 collectes de champignons en forêt de Montmorency.

 L'avifaune

La présence de 90 espèces d'oiseaux a été relevée, ce qui couvre à la fois les nicheurs et les migrateurs, dont la présence peut être régulière ou très ponctuelle, voire exceptionnelle.

Il existe environ 360 espèces d’oiseaux en Ile-de-France, ¼ de ce nombre total semble présent dans la forêt de Montmorency : le site est moyennement riche pour les oiseaux.
On aurait pu s'attendre à une biodiversité plus importante, étant donnée la diversité des habitats (allant de milieux ouverts xérophiles à mésophiles ou hygrophiles à des milieux forestiers plus fermés, humides ou secs). De plus, toutes les situations topographiques (coteau, bas de pente, fond de vallon, etc..) sont aussi représentées.
Des facteurs négatifs tempèrent ces éléments favorables: l'enclavement de la forêt dans le tissu urbain et l'éloignement relatif des autres grands massifs forestiers.

L'herpétofaune

Les amphibiens

Des inventaires réalisées entre 1980 et 1998 avaient montrés la présence de 8 espèces d'amphibiens : Salamandre tachetée, Triton palmé, Triton crêté, Crapaud commun, Crapaud accoucheur, Crapaud calamite, Grenouille rousse, Grenouille agile. Il semble que plusieurs de ces espèces soient désormais disparues, notamment les crapauds accoucheur et les calamite, les tritons palmés et crêtés.